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démolir pour refaire n’est pas durable… & pourtant, on continue !

On parle beaucoup d’écologie en architecture d’intérieur. On parle de matériaux biosourcés, de peintures sans COV, de mobilier en bois certifié, c’est bien, c’est même nécessaire.

Mais il y a un sujet que personne n’ose vraiment aborder, parce qu’il dérange les habitudes de travail & remet en question des réflexes bien ancrés dans le secteur : la démolition.

Chaque année, des milliers de mètres carrés de cloisons parfaitement saines sont abattus. Des sols en bon état sont arrachés. Des menuiseries fonctionnelles sont jetées, & ce, au nom d’une rénovation que l’on qualifie, sans sourciller, « d’écologique » ! NON une rénovation écologique durable ne signifie pas tout raser pour tout recommencer !

Le problème n’est pas le matériau que l’on pose. C’est ce que l’on détruit avant…


Ce que l’on ne calcule jamais 🧮

Quand on parle d’impact environnemental en construction, on pense immédiatement aux matériaux entrants : quelle est leur empreinte carbone, d’où viennent-ils, comment sont-ils fabriqués ?

C’est une bonne question MAIS ce n’est pas la seule.

Ce que l’on mesure rarement — & que les bilans RSE oublient souvent — c’est l’énergie grise des matériaux détruits. L’énergie grise, c’est toute l’énergie mobilisée pour fabriquer, transporter, mettre en œuvre un matériau. Quand on démantèle une cloison en placo de 10 ans, on ne « défait » pas juste du plâtre & du métal. On efface un investissement énergétique réel, sans jamais le comptabiliser.

À cela s’ajoute la question des déchets de chantier. En France, le bâtiment représente environ 40 % des déchets produits. Une grande partie de ce volume vient de démolitions partielles évitables. Des matériaux qui auraient pu être conservés, réparés, réutilisés — & qui finissent à la benne.

Ce n’est pas de l’écologie. C’est du gaspillage habillé en rénovation !


Pourquoi démolir est devenu un réflexe ⚠️

Il y a plusieurs raisons à cela & aucune n’est vraiment une faute morale — juste des habitudes de travail à remettre en question.

La première raison, c’est l’esthétique comme point de départ. Beaucoup de projets de rénovation commencent par une image, une inspi Pinterest, un mood board. On veut ce look, cette ambiance, cette finition. & si l’existant ne colle pas visuellement, on rase. Alors que la vraie question n’est pas « est-ce que ça me plaît ? » mais « est-ce que ça peut encore fonctionner ? »

La deuxième raison, c’est la facilité technique. Repartir de zéro est plus simple à planifier, plus rapide à chiffrer, plus facile à coordonner entre corps de métier. Conserver implique d’analyser, de tester, d’adapter. C’est plus de travail en amont — & donc souvent moins proposé.

La troisième raison, c’est le manque de diagnostic. Un projet de rénovation qui ne commence pas par une phase d’analyse sérieuse de l’existant est un projet qui va, presque mécaniquement, détruire plus que nécessaire. Parce qu’on ne sait pas ce qu’on a avant de décider ce qu’on fait.


Ce que « durable » veut vraiment dire 🌏

La durabilité en architecture d’intérieur ne se joue pas uniquement au rayon matériaux. Elle se joue dans la méthode de conception.

Un espace vraiment durable, c’est un espace conçu pour durer — pas pour être refait dans dix ans. C’est un espace où chaque élément démoli l’a été parce qu’il était structurellement ou fonctionnellement hors d’usage, pas parce qu’il était « pas au goût du jour ».

Concrètement, ça change plusieurs choses dans ma façon de travailler :

  • Avant de proposer quoi que ce soit, j’analyse l’état réel de l’existant. Structure, revêtements, menuiseries, équipements. Ce qui peut rester, ce qui doit partir, ce qui peut être transformé plutôt que remplacé.
  • Je pose la question du réemploi systématiquement. Les éléments qui partent peuvent-ils aller ailleurs — dans le projet lui-même, donnés, revendus, confiés à une filière de réemploi ? Ce n’est pas toujours possible, mais ça se demande toujours.
  • Je travaille la durée de vie comme critère de choix. Un matériau moins « écologique » sur le papier mais qui dure 40 ans peut avoir un meilleur bilan qu’un matériau biosourcé à remplacer dans 8 ans. L’écologie, c’est aussi du calcul.

Ce qu’une rénovation écologique durable change pour vous 😘

Que vous soyez particulier en train de réfléchir à votre rénovation, dirigeant qui envisage de retravailler vos espaces professionnels, ou gérant d’un établissement CHR qui veut remettre à neuf sa salle : la question à poser avant toute chose n’est pas « qu’est-ce que je veux à la place ? » mais « qu’est-ce que j’ai, & jusqu’où ça peut aller ? »

C’est cette question-là — posée honnêtement, avec expertise — qui sépare une rénovation écologique durable & responsable d’une rénovation qui se contente de le paraître.

& c’est précisément le travail que je fais chez STUDIO LO DESIGN, depuis le début.


Vous avez un projet de rénovation ? Avant de décider quoi démolir, prenons le temps d’analyser ce qui mérite d’être conservé. Contactez-moi pour un premier échange.

Bisous, bisous,

Lo