Instagram feed

phytoplancton studio lo design

la magie du phytoplancton bioluminescent & son application en architecture d’intérieur

Une nuit, dans une baie de Porto Rico : vous plongez la main dans l’eau & elle s’allume. Pas une lampe, pas un reflet : de la lumière produite par des êtres vivants. La baie de Vieques a même obtenu le record Guinness de la baie bioluminescente la plus lumineuse du monde en 2006 .

Vous vous dites peut-être : « & si on pouvait éclairer nos intérieurs comme ça ? »

La question mérite mieux qu’un rêve éveillé, voici ce que dit la science, ce que fait déjà l’architecture & ce qui relève encore de l’imaginaire.

Le phytoplancton, jardinier de l’océan 🌊

Le phytoplancton, ce sont des organismes microscopiques en suspension dans l’eau, invisibles à l’œil nu, qui captent la lumière du soleil par photosynthèse. Ils produisent de l’oxygène & forment la base de la chaîne alimentaire marine. Sans eux, l’océan ne tiendrait pas debout !

Tous ne brillent pas : le cas des dinoflagellés 🪼

Précision importante : le phytoplancton n’est pas bioluminescent en bloc. Seule une partie des dinoflagellés (une famille de plancton) l’est & la capacité est répartie de façon éparse dans l’arbre de l’évolution . Ce sont eux qui font briller les baies.

Comment ça marche ? 💡

La lumière naît dans de minuscules compartiments internes, les scintillons. Quand la cellule est déformée, par une vague, une rame, un remous, un signal électrique ouvre des canaux dans la membrane : le milieu devient plus acide à l’intérieur des scintillons & la luciférine réagit avec une enzyme, la luciférase, en produisant de la lumière BIM BAM BOUM.

Deux détails comptent pour la suite :

→ Le déclenchement est mécanique. La cellule ne s’allume pas d’elle-même : il faut qu’elle soit agitée !
→ Le phénomène suit un rythme jour-nuit. En conditions naturelles, la bioluminescence ne s’observe que la nuit, avec un maximum environ deux heures après la tombée de l’obscurité.

Pourquoi cette lumière ? Une hypothèse largement admise : c’est un mécanisme de défense, qui sert à effrayer les prédateurs.

Où voir ce spectacle ? 🏝️

→ Vieques (Porto Rico) : l’une des destinations les plus célèbres au monde pour la bioluminescence
→ Îles Matsu (Taïwan) : de juin à septembre, de fortes concentrations de dinoflagellés Noctiluca
→ Tasmanie (Australie) : des proliférations de Noctiluca scintillans éclairent certaines plages

J’avais déjà rédigé un article sur le sujet donc petite correction à ma propre liste de départ : la baie de Toyama (Japon), souvent citée, ne doit pas son spectacle au phytoplancton mais aux calmars lucioles, qui montent en surface au printemps 🐙

Peut-on éclairer un intérieur avec du phytoplancton ?

Honnêtement : pas aujourd’hui & c’est justement ce qui rend le sujet intéressant pour un architecte d’intérieur.

Ce qui existe : la lumière de bactéries, pas de phytoplancton. La start-up française Glowee a mis au point des bioréacteurs : des tubes de verre contenant un liquide où des bactéries bioluminescentes se multiplient. En janvier 2023, la ville de Rambouillet a inauguré ce qui a été présenté comme le premier mobilier urbain au monde fonctionnant grâce à la bioluminescence.

Ce que ça donne vraiment :

→ une lumière bleutée très douce, autour de 490 nm, qui valorise plus qu’elle n’éclaire : l’objectif affiché est de mettre en valeur une vitrine ou un évènement
→ une durée limitée : de plusieurs heures à plusieurs jours selon le milieu & la température, avec un entretien nécessaire au bout de quelques jours ou semaines
→ une intensité sans commune mesure avec un lampadaire classique & sans possibilité de la moduler comme avec une LED.

Côté dinoflagellés, on est surtout dans la recherche. Les travaux que j’ai trouvés portent sur la compréhension du phénomène à l’échelle de la cellule, par exemple avec Pyrocystis lunula . Pour un luminaire, cela poserait des contraintes très concrètes : des organismes vivants à nourrir, à exposer à un cycle jour-nuit, qui ne s’allument que lorsqu’on les agite.

Entre réalité & imaginaire : ce que j’en retiens pour l’architecture d’intérieur 🤓

Quatre pistes reviennent souvent quand on parle de bioluminescence en architecture. Voici leur niveau de maturité, tel que je le comprends :

→ Éclairage d’ambiance : la piste la plus crédible, sous forme de bioréacteurs décoratifs, à faible intensité.
→ Signalétique & mobilier urbain : déjà testés à petite échelle, comme à Rambouillet.
→ Murs, sols, mobilier lumineux : très séduisant, mais à ce stade, de l’ordre de la prospective.
→ Installations artistiques vivantes : un terrain d’expression naturel pour les artistes, avec les mêmes contraintes de durée de vie.

À ce jour, la bioluminescence ne remplace pas un éclairage de projet. Elle ouvre en revanche une question qui, elle, est très actuelle : comment concevoir une lumière plus sobre, plus douce, plus respectueuse du vivant ?

Ce que ça change dès maintenant 😌

Sans attendre qu’un mur s’illumine tout seul, une lumière sobre se travaille déjà avec des moyens éprouvés : éclairage indirect, intensité adaptée à chaque usage, températures de couleur chaudes le soir, détecteurs de présence, LED performantes. La bioluminescence nous rappelle surtout qu’une lumière peut être une ambiance avant d’être un volume de lux.

& c’est là que la démarche RSE demande de la rigueur : un matériau « inspiré du vivant » n’est pas automatiquement plus écologique. Une LED bien conçue reste aujourd’hui très performante & il vaut mieux une solution sobre éprouvée qu’une innovation spectaculaire mais éphémère. Mon rôle d’architecte d’intérieur est de suivre ces avancées, de les tester avec curiosité & de ne recommander que ce qui tient ses promesses.

Protégeons ce trésor naturel 🪎🦋

Le phytoplancton est menacé par la pollution & le changement climatique. Sans lui, l’équilibre de nos océans serait compromis. Alors, soyons des gardiens de l’océan & veillons à ce que ces petites lumières continuent de briller pour les générations futures.

Un projet d’éclairage, de matériaux biosourcés ?

Si vous réfléchissez à l’ambiance lumineuse d’un espace, ou à des matériaux plus responsables, découvrez mes prestations d’architecture d’intérieur ou contactez-moi. La nature regorge de surprises : il suffit parfois de regarder de plus près.

Voilà les amis, j’espère que cette plongée dans le monde lumineux du phytoplancton bioluminescent vous aura enchanté autant que moi ! N’oubliez pas, la nature regorge de surprises, il suffit parfois de regarder de plus près pour les découvrir.

Bisous,

Lo 😘